La Théma Arte « Quelle Europe pour demain ? » du 21 mars 2017 se conclue par le documentaire de Iossif Pasternak " Ukraine le réveil citoyen", dont j'ai assuré le montage !
Il est des projets, comme celui-ci, qui vous confrontent plus que d'autres aux enjeux de l'époque, à la rugosité du réel, et à celles de ce métier aussi...
Comment montrer la complexité d'une situation politique et historique encore brûlante, alors qu'il s'y joue, dans le sang et l'espoir, les possibles de notre fragile union européenne, dans tous ses paradoxes... Télérama semble trouver qu'on ne s'en est pas mal sortis ! (clin d'oeil pour sa complicité à Sophie Pouleau !)
Pasternak est allé à la rencontre de ceux qui tentent de se réapproprier la destinée de leur pays, depuis les soulèvements de la place de Maïdan à Kiev, jusqu'au front à l'Est dans le Dombass, où se règlent encore les querelles vives héritées des plaies de l'histoire Ukrainienne; mais aussi dans le concret des balbutiantes reformes anti-corruption du nouveau gouvernement, portées par des acteurs issus de la société civile... Une lutte de David contre les Goliaths à plusieurs têtes de notre siècle, hydre avide de pouvoir, de gain et de domination, dans un pays qui est un pont entre l'Est et l'Ouest...
"En Ukraine une guerre qui ne dit pas son nom a déjà fait plusieurs milliers de morts. Ce qui se joue ici est une bataille entre la Russie, l'Union européenne et les Etats Unis. Car l'Ukraine occupe une position stratégique dans cette région du monde, point de bascule entre l'Est et l'Ouest.
En 1990, après la chute du mur de Berlin, la désintégration de l'Union Soviétique s'était accomplie sans drames. Mais 20 ans après, ses effets se propagent aux portes de l'Europe. Durant 300 ans, la Russie s'est considérée comme un pays immense et une grande puissance, aujourd'hui on l'a démembré d'un bras, d'une jambe, de la Pologne, des pays baltes, de l'Ukraine. L'indépendance de l'Ukraine signait la fin de l'URSS.
Pour Vladimir Poutine, l'Ukraine ne doit pas basculer du côté de l'Europe. Pour l'Union Européenne, ne rien faire reviendrait à abandonner les millions d'Ukrainiens qui en 1991 ont fait la Révolution en son nom. Ce serait prendre le risque d'effriter son image et d'affaiblir son pouvoir. Mais agir c'est prendre le risque de briser le dialogue avec Moscou, son premier fournisseur en gaz et en pétrole.